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Soutenir l'art-thérapie et les art-thérapeutes.

Art-thérapie : Bienvenue à la La Ligue Professionnelle d'Art-thérapie !

L'art-thérapie ou l'artherapie ( qui comprend la musicothérapie,danse-thérapie) et le métier d'art-thérapeute sont en voie de reconnaissance. 

Trois organismes de formation en art-thérapie sont habilités par l'Etat à délivrer un Certificat professionnel officiel d'art-thérapeute valable dans toute la communauté européenne (EUROPASS) à un haut niveau (Niveau II pour la France et VI pour l'Europe). Ces trois organismes sont : PROFAC - INECAT – AFRATAPEM dont les formations se déroulent à Paris ou en province.

Ce Certificat officiel d'art-thérapie est accessible en formation professionnelle en art-thérapie financée ou non par un OPCA ou par Pôle Emploi mais aussi par le biais de la VAE. Les personnes titulaires d'une formation initiale ou une expérience professionnelle en art-thérapie peuvent donc accéder à la préparation de ce Certificat. 

Certaines Universités de psychologie ou écoles proposent des certificats ou des DU ou des dipLômes privés.

La Ligue Professionnelle d'Art-Thérapie est une association regroupant des art-thérapeutes certifiés mais aussi de professionnels engagés dans la défense et la promotion de l'art-thérapie soucieux de la protéger contre toute tentative de récupération sectaire ou mystico-religieuse.  

Elle a pour objet :

 - Favoriser le tissage de liens constructifs entre les art-thérapeutes et les personnes solidaires du développement d'une art-thérapie professionnelle et rigoureuse.

- Faire respecter les droits et devoirs du métier.

- Promouvoir une pratique de l'art-thérapie respectueuse du sujet à l'abri de toute conception ésotérique.

- Promouvoir la recherche clinique et veiller à la régularité déontologique des pratiques.

- Organiser des rencontres avec les représentants de l'Etat pour soutenir la profession d'art-thérapeute et l'art-thérapie.

- Tisser des liens avec les professionnels de la santé, du champ socio-éducatif et les responsables d'institutions.

- Apporter une aide logistique et une assistance juridique concrète aux art-thérapeutes certifiés.

La Ligue se développe de manière rigoureuse et cela demande à nous tous beaucoup d'énergie. Nombreux sont ceux qui nous sollicitent pour les aider dans leur cheminement professionnel mais qui "consomment" de la Ligue sans donner un coup de main , ce qui n'est pas propre à notre association.

Aussi pour avancer ensemble : Adhérez à la Ligue en suivant ce lien : "J'adhère à la Ligue"  
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L’art-thérapie c’est prendre sa parole en main !

« Tant que nous ne serons parvenus à supprimer aucune des causes du désespoir humain, nous n’aurons pas le droit d’essayer de supprimer les moyens par lesquels l’homme essaie de se décrasser du désespoir.» Artaud parle ici de la drogue, pour ma part, je parlerai d’Art-thérapie. 

Utilisée dans le champ du soin et de la prévention, l’ Art-thérapie est une méthode qui consiste à créer les conditions favorables à l’expression et au dépassement des difficultés personnelles par le biais d’une stimulation des capacités créatrices. 

Elle trouve sa place dans le cadre des troubles dépressifs et psychosomatiques, des conduites addictives, des problématiques alimentaires mais aussi dans celui de pathologies plus sévères comme les psychoses et l’autisme. Aujourd’hui, nombreux sont les services de psychiatrie publics ou privés qui lui font appel. 

Dans le domaine de la prévention elle peut permettre, par exemple, que la violence cesse de prendre pour cible le corps de l’autre ou celui du sujet lui-même, lorsqu’elle peut enfin se traduire en langage artistique. 

Soulignons tout de suite qu’un pouvoir politique ne tenant pas compte de cette évidence ne devra pas s’étonner de voir se développer des comportements violemment asociaux. Curieusement, cette violence qui ne cesse de faire la une de nos quotidiens est trop souvent entendue comme déficit de l’intégration sociale alors qu’il est clair qu’elle résulte d’une hyper adaptation à un discours dominant qui conduit à un effacement de l’expression subjective.

Grâce à l’ Art-thérapie, cette forme de travail de désocialisation, de désintoxication à l’égard du discours dominant peut passer par un retour aux racines des processus de subjectivation via le travail avec les matières brutes comme l’argile, le plâtre, la pâte colorée, le textile… enfin tout ce qui peut constituer le sol d’un projet. C’est ainsi que le sujet peut repartir de son empreinte « digitale ». 

Le fait d’utiliser l’expression: « Art-thérapie » présuppose que l’on ne confonde pas, de manière naïve, ces deux termes : « art » et « thérapie », et que, partant de cette séparation assumée, l’on envisage la possibilité d’un tissage de liens justement créatifs. Chacun des domaines est la limite de l’autre puisque l’Art, même s’il cherche à montrer, n’a rien à démontrer et c’est son luxe quand la psychologie dépose les armes devant la beauté.

Dans le champ de l’Art-thérapie, l’Art peut être entendu aux racines - mêmes de ses origines latines dans la mesure où il engage le sujet du coté de l’ « ars », c’est-à-dire de ce « savoir-faire » qui n’est pas sans évoquer le « savoir y faire avec le symptôme », manière de lui rendre la parole en le débarrassant de sa fonction persécutrice. Loin de viser la surchauffe du plaisir poussant du côté de la jouissance, l’Art - thérapie se propose de conduire le sujet à « prendre sa parole en main » à travers la mise en formes de sa souffrance comme matière première. 

La souffrance quand elle  est représentée, extériorisée par le biais de la création est en quelque sorte mise à distance et ne colle plus à la peau sous forme de symptôme corporel. Le patient peut progressivement la considérer comme un objet extérieur, lui parler et la hisser au rang d’objet de communication. Une souffrance communiquée est déjà moins douloureuse car elle emprunte des circuits plus longs permettant de la relater en la relativisant, permettant aussi qu’elle se décharge en chemin de sa vérité persécutrice. On utilise d’ailleurs le terme : « souffrance » lorsque l’on parle d’une lettre en attente d’un destinataire. 

Ce qui souffre est l’impatience d’un impossible à former c’est à dire à formuler. 

L’Art-thérapie, via le travail avec la matière que nous pouvons entendre ici comme : « l’amas-tiers », mobilise ce premier noyau organisateur et permet de dédramatiser les sensations archaïques dans une mise en représentation ludique soutenue par le thérapeute.

Jean-Pierre Royol
Docteur en psychologie clinique
Diplômé de l’Université de Lyon
Président de la Ligue Professionnelle d'Art-Thérapie
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