Art-thérapie

PROFAC

Centre de Recherche et de Formation en Art-thérapie

19 Av. Lafayette 13200 Arles

PUBLICATIONS EN ART-THERAPIE

 

Art-Thérapie : Quand l'inaccessible est toile.

Ouvrage de Jean-Pierre Royol - Docteur en psychologie clinique.

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LE LIVRE : Art-thérapie. Quand l'inaccessible est toile.

Il n’y a pas d’art-thérapie sans la présence d’un tiers, l’artthérapeute, qui est un professionnel sérieusement formé à cette méthode, c’est-à-dire ouvert aux enjeux inconscients de toute relation thérapeutique.

Soyons clairs : c’est la relation qui soigne dans le cadre d’un atelier pensé comme éprouvette psychique.

Toute demande de soin induit des phénomènes transférentiels très difficiles à repérer. L’art-thérapeute, au même titre que les autres professionnels du soin, doit être conscient du fait qu’il est directement impliqué dans la production du sujet. Nous ne pouvons réduire notre méthode aux propriétés curatives d’une activité créatrice. Le sujet en difficulté psychique doit prendre conscience que sa souffrance est le produit d’un complexe relationnel inconscient que seule l’expérience d’une relation thérapeutique peut traiter. Sans cette ouverture au champ des relations inconscientes, on réduirait inévitablement la portée de cette démarche, qui se résumerait à une stratégie corrective où le sujet ne serait tenu que de se faire objet du désir d’un autre, au nom d’une simple adaptation à son milieu.

Comme dans toute conduite thérapeutique rigoureuse, c’est le travail psychique effectué par l’art-thérapeute sur lui-même, en lien avec un superviseur expérimenté, qui seul peut vraiment modifier le rapport du sujet malade à autrui et à lui-même.

L’objet produit – en tant que réponse à ses inductions inconscientes – doit être entendu comme le révélateur privilégié de ses préoccupations contre-transférentielles ; et le fait de les mettre au travail induit chez le sujet souffrant de nouvelles ouvertures.

S’il évite ainsi de se figer dans une position de toute-puissance, l’activité sera soulagée de préoccupations génératrices de répétitions sclérosantes, et elle se présentera comme véritable espace de soin psychique. C’est au sein d’un tel espace que le patient découvrira que ce qui se présente comme une évidence sur la scène du regard n’est qu’une collection d’effets, provenant des mécanismes constituant le système nerveux des marionnettes du semblant.

Le semblant est l’une des notions communes à l’art et à l’art-thérapie.

Il n’est pas de l’ordre du mensonge, mais d’un songe vital capable de tenir le sujet à juste distance du Réel. C’est à prendre goût à cette dimension du fictionnel qu’est invité le patient lorsque les bricolages qui lui permettaient de tenir se bloquent. Retrouver le plaisir du semblant, c’est s’autoriser enfin à ne plus subir les forces contraignantes de l’univocité. L’activité créatrice privilégie l’accès au fictionnel, car elle invite à l’aventure d’assemblages insoumis au sens. Elle permet l’éclosion d’espaces de gratuité en marge de la production culturelle. Elle ouvre des espaces intervallaires de respiration psychique. Cependant, lorsqu’une personne est en grande souffrance, elle ne peut profiter pleinement de ces ouvertures. Il est alors nécessaire que cette expérience soit validée au cœur d’une relation où se trouve dénoncée l’aliénante facticité de la compacité des identifications.

L’Art et la thérapie qui s’en inspire sont aptes à limiter la prétention du sens manifeste. Leur pratique révèle les appels d’air présents dans tout maillage, y compris le plus perfectionné.

Ceux qui souffrent ne perçoivent plus ces espaces de fiction. Ils sont en panne, non pas de sens dont ils regorgent, mais de cette capacité à jouer en marge de leurs sentiers battus. Ces personnes, malmenées par l’inconscient, n’ont pas été suffisamment initiées aux plaisirs d’une logique de l’insensé. Notre but est alors de créer cet espace ouvert à la rencontre surprenante avec la matière et la psyché d’un autre pour qu’émerge une décontraction psychique à l’égard de l’empire du sens.

Cette capacité fictionnelle concerne, en premier lieu, le fonctionnement psychique de l’art-thérapeute, qui doit se maintenir en marge d’une assistance marquée par l’insistance. Il apprend à laisser ses capacités poétiques libres d’intervenir au lieu de stériliser la rencontre en la tordant dans des soucis de maîtrise. C’est ici qu’il est le plus artiste, en cette liberté d’esprit qui le conduit à jouer avec les objets du monde. Les artistes ont le goût du jeu. Nous les voyons prendre des raccourcis jubilatoires avec les matériaux, comme s’ils produisaient de véritables jeux de mots. Ces jeux contagieux sont capables d’entraîner tout un florilège de rébus joyeux, alors que le travail de la pensée tendait à s’engluer dans de mornes répétitions.

En art-thérapie on retrouve donc le droit de jouer en présence de quelqu’un qui sait encore ce que jouer veut dire.

C’est que le soin ne suffit pas si la raison ne chante. Le soin sec et muet qu’ont subi certaines personnes découragées ne peut être répété, car elles ont besoin, pour se libérer de leurs contraintes, de nouveaux espaces de liberté. Ces ouvertures se produisent chez le patient lors de la rencontre avec un espace intervallaire interne, dont l’art-thérapeute est familier s’il poursuit son travail de création et s’il est capable d’accueillir le surgissement d’un acte poétique quand, dans un moment de grâce, l’inaccessible est toile.

Nous savons que la capacité créatrice de la psyché s’inscrit dans l’histoire inconsciente du sujet. Elle dépend, à l’origine, du premier porte-parole de l’enfant et de sa capacité à l’animer psychiquement. Si Winnicott confère à la mère cette qualité de suffisante bonté, allons jusqu’à la rêver suffisamment poète et capable de fous rires jusqu’à produire des jeux de mots subversifs en marge des obsessions normatives. Je veux parler de cette mère joueuse qui fait signe de ces trésors de sensualité à découvrir dans les creux de ses sous-entendus. C’est dans ces creux que naît la créativité de son enfant.

Quand la mère refuse de parler d’une seule voix, elle ouvre la voie à cet au-delà du visible en clignant du désir vers ce manque fondamental qu’un bout de chou ne suffit pas à combler. Elle n’est pas dupe de la pureté du maternel et s’amuse avec son bébé à grignoter les idéaux. L’enfant l’entend jongler avec les mots qu’elle découpe jusqu’aux sons, et nous le voyons s’animer quand elle chante des onomatopées jouissives. Elle l’initie au plaisir de vivre en toute poésie avec les autres et lui-même. Elle fredonne les fredaines de son désir, ce désir secret, sucré, murmuré comme autant de vibrations du manque transmises à ce corps qu’elle trouve si beau modelé par ses caresses.

Anzieu parle à ce sujet du Moi-peau de l’enfant mais c’est de ce Moi-poète que la mère habille le nourrisson, ce Moi dont les jambes sont comme celles des petits bateaux et les bras comme les ailes d’un moulin. Le désir, c’est ce grain de sable qui trompe la stéréotypie des soins et ce grain de sel qui tombe dans le bain langagier où le petit peut désormais se baigner tranquille.

Par contre, nous savons que certaines mères sont recroquevillées dans les voiles de la souffrance. Elles sont salées comme la Mer Morte et le corps du baigneur reste en surface, ignorant le plaisir des aventures barboteuses. Dès que ces mères retrouvent le goût de vivre, l’enfant se met à jouer dans le bain langagier sans crainte de s’y noyer. Il s’éveille aux comptines de nouveaux continents. Il n’aura pas besoin de grand-chose en cas d’attaque, un manche à balais puis un drap feront l’affaire pour jouer aux quatre coins du monde quand les petites filles sauteront à cloche-pied de l’Enfer au Paradis. Cet enfant sera créatif quand d’autres auront du mal à inventer de beaux compromis psychiques face aux difficultés de la vie.

C’est à ces autres enfants, comme à toute personne souffrant d’une panne de créativité, que s’adresse l’art-thérapie qui permet de composer avec les forces pulsionnelles envahissantes ou muselées.

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Note :

L’Art-thérapie est une méthode qui consiste à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d’une stimulation des capacités créatrices. Elle trouve aujourd’hui sa place dans le cadre des troubles psychosomatiques, des conduites addictives, et de pathologies psychiques plus sévères telles que les psychoses et l’autisme.

Jean-Pierre Royol Docteur en psychologie clinique s’appuie sur une expérience hospitalière de plus de trente années pour définir cette méthode : « En art-thérapie, nous savons valoriser ces traces d’existence et saisir le moment privilégié où elles s’autorisent de nouvelles libertés. L’art-thérapeute écoute à la trace et laisse le sujet creuser son propre sentier psychique. Il reprend ce tracé patient au plus près du début de la vie. Il reprend le temps. Il n’est pas pressé par le policé ni l’idéalisation du produit que l’on expose pour apporter la preuve que dans cet atelier il se passe quelque chose. Il se situe au plus près des efforts que fait tout sujet pour repartir d’où il s’est arrêté de vouloir être lui. »

Loin de se figer dans une position dogmatique, l’auteur se tient au plus prés de la « poésie du terrain » dans ce texte aux accents poétiques émaillé de cas cliniques

« Alors que l’atelier touchait à sa fin, je m’approchai d’une très vieille dame qui regardait avec un grand sourire sa production picturale le pinceau à la main. Je sais qu’en art-thérapie, on n’est pas là spécialement pour faire du beau, mais ce fut plus fort que moi :

– Il est très beau votre tableau madame. Ça vous dirait de l’afficher dans votre chambre ? – Ah oui ! je veux bien… Ce n’est pas moi qui l’ai fait… mais il est très beau…Elle posa sa main sur la mienne, une main froide, et son visage s’illumina quand, lui ôtant doucement le pinceau de la main, je lui proposais de l’aider. Je l’accompagnais jusqu’à sa chambre et je me vis en train de scotcher la feuille sur le mur et de me dire « Ce n’est pas ça, l’art-thérapie… mais bon… ! »

La théorie, c’est bien, ça va tout seul ; mais dans la pratique, il arrive que l’on se laisse surprendre, et bizarrement ça à l’air de continuer à soigner. Cette vieille femme m’a montré que l’objet est bien peu en regard d’une relation humaine. Sans doute est-ce au bout de la vie que l’on pardonne aux objets de nous avoir leurrés et que la soif d’une relation sans objet apparaît, mais c’est justement à cet instant que l’autre, qui a encore la force de courir, n’en a plus le temps. »

 Art-thérapie. Quand l'inaccessible est toille. Dorval. Editions.

PROFAC Formation en art-Thérapie

Formation professionnelle en art-therapie

L'Art-thérapie est une méthode consistant à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d'une stimulation des capacités créatrices. Sur indication médicale elle s'inscrit dans le cadre d'une prise en charge globale. Son bût n'est pas l'interprétation des productions. Ses différents dispositifs permettent de libérer l'expression personnelle et de réveiller la créativité bloquée par des contraintes psychiques. Elle ne peut, en aucun cas, se substituer à un traitement médical, mais peut entrer en synergie avec les soins traditionnels. Nombreux sont les services publics ou privés qui font appel à des personnes ayant suivi notre programme formatif. Utilisée depuis plus d'un demi-siècle au sein des hôpitaux psychiatriques elle étend son champ d'action à des domaines tels que la gérontologie où elle est en plein essor. Elle est aussi très appréciée dans le travail avec les enfants et les adolescents. Seul le corps médical est apte à évaluer, de manière objective, ses effets, ce qui implique une collaboration étroite entre médecin et praticien en art-thérapie.

Nous proposons des cursus spécialisés alliant pratique et théorie dans différentes villes : Arles, Lyon, Marseille, Montpellier, Grenoble, Toulon.

Nous nous démarquons sans réserve des néoformations dites :"thérapeutiques" d'inspiration mystique et de certaines pratiques structurellement comparables à celles dénoncées dans les groupes à dérive sectaire. Notre enseignement prend exclusivement appui sur les concepts reconnus de psychologie clinique et de psychanalyse structuraliste car nous estimons que le praticien en art-thérapie doit être conscient des difficultés liées à la rencontre avec des personnes en souffrance et suffisamment cultivé pour être capable d'échanger avec les membres d'une équipe médicale et paramédicale. Les principaux auteurs de référence sont des auteurs classiques tels que : Winnicott, Freud, Lacan, Anzieu, Chouvier, Kaës, Roussillon, Aulagnier...

Notre enseignement est donc centré sur la question du sujet en soin à l'abri de théories simplistes telles que le comportementalisme dont les dangers psychiques sont aujourd'hui bien repérés. La question de l'évaluation est sérieusement traitée et non de manière superficielle et naïve dans la mesure où elle fait appel à un véritable travail de supervision capable de prendre en compte la dimension de la réalité transférentielle bien connue dans le champ de toute rencontre à visée thérapeutique. Par ailleurs, nous ne nous limitons pas à dispenser des cours théoriques, ce qui nous parait vraiment insuffisant. Nous associons pratique et théorie lors d'ateliers expérimentaux suivis d'une élaboration de la pratique. Si nous prenons en compte le niveau d'études, nous attachons la plus grande importance au "parcours de vie" qui est, selon nous, le meilleur formateur. Nombre de nos stagiaires sont des personnes d'expérience car nous apprécions les : "gens de terrain".

Notre organisme est placé sous la direction de Jean-Pierre Royol - Docteur en psychologie et psychopathologie clinique - Diplômé de l'Université de Lyon et possédant une expérience de près de trente années en milieu hospitalier. Il est l'auteur d'une thèse doctorale intitulée : " Statut de l'objet et médiation picturale dans le travail avec des enfants psychotiques" (Mention Très Honorable) et d'un ouvrage intitulé "Art-thérapie. Quand l'inaccessible est toile" aux Editions Dorval. Nous agissons en toute transparence au niveau de notre gestion sous le contrôle de la Direction du Travail et de la Formation Continue. En tant que Société Coopérative de Production (SCOP) notre gestion est aussi placée sous le contrôle et l'appréciation annuelle du Ministère du Travail et de la Confédération Française des Sociétés Coopératives sachant que nous sommes très attachés à ses valeurs de démocratie et de laïcité. PROFAC est signataire de la Charte du GEMPPI - Groupe d’Etude des Mouvements de Pensée en vue de la Protection de l’Individu agissant pour la protection des citoyens contre les dérives sectaires et thérapeutiques holistiques. Nous sommes clairement reconnus comme dispensant une formation de qualité et présentant les garanties de rigueur exigées par les différents employeurs.

Nous sommes :

- membres de la Société Internationale de Psychopathologie de l'Expression et d'Art-thérapie.
- fondateurs de la Fédération Multiculturelle d'Art-thérapie ( FMAT)
- organisateurs d'un Colloque annuel d'Art-thérapie dont le dernier a rassemblé plus de deux cents
professionnels dans le cadre du Centre Hospitalier d'Arles.

Inscrits dans une dynamique de recherche nous ne cessons de tisser des liens avec d'autres organismes en France comme à l'étranger. De nombreux partenaires prennent en charge nos formations : AFDAS - UNIFAF - UNIFORMATION - FONGECIF - CNASEA - Fondation de la Deuxième Chance - AGEPHIP - AGEFOS - FAFSEA - OPCAREG - ASSEDIC - Missions locales - ANPE - OPCA - MEDIAFOR - A N F H - AD A F F - Mairies - Employeurs du service public ou du privé - Conseils généraux - Conseils régionaux.

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