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L'Art-thérapie est une méthode pratiquée par un art-thérapeute professionnel qui consiste à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d'une stimulation des capacités créatrices.
 

 


La Ligue Professionnelle d'Art-thérapie

La Ligue Professionnelle d'Art-Thérapie, dont le siège est à Paris, regroupe des art-thérapeutes  validés par l'Etat ( CNCP, DESU et DU) ou par des organismes privés.

Elle a pour objet :

- Favoriser le tissage de liens constructifs entre les art-thérapeutes  et les personnes solidaires du développement de l'art-thérapie.

- Promouvoir une pratique de l'art-thérapie respectueuse du sujet à l'abri de toute conception ésotérique ou sectaire.

- Organiser des rencontres avec les représentants de l'Etat avec pour objectif l'inscription précise et sécurisée de la profession d'art-thérapeute dans le cadre des textes législatifs.

- Tisser des liens avec les professionnels de la santé, du champ socio-éducatif et les responsables d'institutions publiques et privées.

- Apporter une aide logistique et une assistance juridique concrète aux art-thérapeutes professionnels.

- Faire respecter les droits et devoirs du métier.

- Promouvoir la recherche clinique et veiller à la régularité déontologique des pratiques. 

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L'ART-THERAPEUTE EST-IL UN ACCOUCHER DE SILENCE

Contrairement à une idée assez répandue ce sont les dires et le faire qui causent le silence. 

C’est parce que le sujet inscrit une trace sur un support que le silence du support se met à exister. C’est ce que le sujet imprime, exprime, qui créé le silence du support. S’exprimer c’est produire du silence. Tant que le sujet ne s’exprime pas il n’y a que du bruit. 

Le silence n’est pas antérieur à l’expression du sujet. 

L’angoisse de la page blanche est liée non pas au silence qu’elle est supposée incarner mais, au contraire, au tintamarre qu’elle produit tant qu’elle n’est pas en quelque sorte réduite au silence sous l’effet d’un premier marquage. 

Ce n’est pas tant le silence qui est angoissant mais ce sont les gargouillis continus, le fourmillement du Réel, l’infini ronronnement, les pleurs incessants du nourrisson, les sirènes mortifères, dont on ne peut parler qu’à partir du silence qu’elles ont enfin produit, c’est à dire dans l’après-coup. C’est en produisant du silence que l’acte permet à la pensée de se décompacter. 

Dans le jeu du Fort Da dont nous parle Freud c’est bien d’abord parce que la mère a produit un acte en s’occupant affectueusement de son petit que son absence à mis au monde du silence et que ce même petit a profité de ce silence pour s’approprier de nouveaux signifiants. L’absence de la mère n’a été inscrite comme silence que parce que d’abord il y a eu marquage des soins maternels. Le silence n’était donc pas antérieur aux soins, il est un produit dérivé des soins maternels. Il faut qu’il y ait d’abord quelque chose pour éprouver le rien, il faut qu’il y ait d’abord présence pour éprouver l’absence. Le rien n’est pas antérieur à quelque chose. 

Ainsi le support quel qu’il soit, le support comme produit du contre-transfert de l’art-thérapeute, n’a rien d’originel il est création du patient, création de silence sur un fond intentionné et non fond silencieux premier. 

Le fond silencieux ne peut exister que s’il est produit par la forme. En nous exprimant nous ne cessons de créer ce fond silencieux qui n’a pas d’origine. La forme précède le fond. 

L’art-thérapie consiste donc à produire du silence là où sans doute il est venu à manquer. L’art-thérapie c’est produire du silence et c’est sans doute là qu’elle s’oppose à tout positivisme en se maintenant du côté du sens et non de la signification. La signification c’est faire du bruit pour combler le silence, le sens c’est produire du silence en faisant du bruit. Une inscription produit et révèle toujours le silence de son manque. La question est donc de savoir comment accueillir les silences que notre méthode génère en invitant l’autre à produire une trace. La prise de conscience qu’un germe surgit là où nous avions semé la graine peut sans doute éviter d’en regretter la moisson. 

Vu sous cet angle la signification du marquage devient bien moins excitante que le silence dont il accouche et c’est à prendre toute la dimension de cet effet de structure, de ce renversement, qui peut sans doute nous conduire à clarifier notre identité professionnelle. L’art-thérapeute ne serait-il pas finalement un accoucheur de silences avec lesquels le sujet en souffrance aurait à bricoler là où il souffre de compacité des identifications. 
Si l’interprétation du marquage a largement dévoilé sa polyphonie projective et ses inductions contre-transférentielles en invitant l’art-thérapeute à s’abstenir de cet encombrement au profit de l’époché husserlienne qui invite à l’accueil plus qu’au recueil, l’interprétation du silence tendrait, si l’on n’y prend garde, à combler le manque qu’il souligne, ce manque silencieux qui, après l’accouchement, peut toujours être adopté dans l’après-coup en permettant au sujet d’en finir avec les grincements psychiques liés à l’appartenance sexuelle. 

On ne peut attendre de l’interprétation et plus particulièrement si elle s’inscrit du côté du vu rien qui ne puisse prétendre à l’objectivité. 

Pour citer Lacan : 

« Ce qui importe, c’est de situer le regard en tant que subjectif, parce qu’il ne voit pas. » 

Je travaille, à partir de ces questions, la notion d’objet en art-thérapie et celle de son statut ce qui ne paraît pas simple du tout. 

L’accent doit-il être porté sur l’objet du marquage où cet objet doit-il être remis à sa juste et incertaine place de produit trouble, produit transférentiel incarnant les aléas des résistances dont on ne sait jamais vraiment où elle vont se nicher avant de subir un minimum d’effacement lié à la démystification de l’art-thérapeute et donc de l’art-thérapie enfin éprouvée par le sujet en souffrance ? 

Ou plutôt sur l’émergence et l’accueil de ces silences produits par notre méthode et capables de s’intercaler entre le sujet et l’objet du désir dont la proximité l’avait affolé au point de s’adresser à nous. 

« L’angoisse est un signe qui ne trompe pas » nous dit Lacan, elle signe une trop grande proximité avec l’objet du désir et cette proximité fait tant de bruit qu’elle peut même prendre l’aspect cru et cruel d’une hallucination. 

« Le silence irrite le diable » dit un proverbe bulgare, et finalement irriter le diable c'est-à-dire ce qui s’oppose à la symbolisation est une métaphore qui peut nous donner à réfléchir. 

JP Royol

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Suite aux différentes mesures préventives concernant l'école vous pouvez télécharger le texte de la conférence de JP Royol qui propose l"ouverture d'espaces d'art-thérapie préventive en milieu scolaire. ( Conférence donnée en 2010 à Metz lors du Colloque National de la Fédération Nationale des Rééducateurs de l'Education Nationale )

Téléchargez le texte de la conférence